La politesse anglo-saxonne


« Joyce me reçut avec une courtoisie exquise et une dignité un peu cérémonieuse. Il ne fit pas une allusion à mon malheureux article; c’est la politesse anglo-saxonne : un auteur ignore la critique, c’est la règle du jeu. Il ne remercie jamais d’un article bienveillant, pas plus que dans le cas contraire il ne daigne protester si son livre déplaît. Les opinions sont libres. Je n’ai reçu de ma vie qu’un mot de remerciement d’un écrivain anglais: il était de Conrad, qui était polonais. Le service de presse est tout à fait différent de ce qu’il est dans les habitudes françaises: c’est une affaire de publicité qui ne concerne que l’éditeur. Les exemplaires d’auteur sont inconnus: Kipling en avait six parce que c’était lui; il payait de sa poche ceux qu’il donnait à ses amis. »

Source : Louis Gillet, Stèle pour James Joyce , Agora, Pocket, édition présentée et annotée par Olivier Cariguel, 2010, p.112. (Repris sur le site de Zulma, “la citation du jour” par Serge Safran)

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